Ode à une nymphe

Par : Tite le Mercredi 11 mars 2009   •  

Le temps s’égraine autour de moi et en moi continue de subsister tant de peine.
Peine de ne te pouvoir dire à quel point mon monde est meurtri par ta personne.
Personne ne peut aimer autant, personne ne peut autant rester indifférent, me disais-je.
Je te découvre, je te laisse entrer dans ma vie, je me livre et me confie, j’ai la foi.
Foi en ce sentiment – seul – salvateur, foi en tout ce que j’espère de toi que tu sois.
Soyons maudits, soyons damnés, soyons bénis mais soyons ensemble… au moins.
Moins je pense à toi, moins je pense à vous, moins je pense à elles et plus je pourrai voir.
Voir à quel point tout n’est que divagation sur ce que l’on – que je – pense être l’essence des choses.
Choses de la vie, choses de l’absence de vie : la sollicitude dans un monde ou l’amour semble vain.
Vaincre ce vice, faiblesse ou nature – qu’importe le nom – j’y suis condamné, à priori.
Rions de tous ces moments de bonheurs, prions qu’ils ne deviennent pas de si tôt mélancoliques.

A toi qui me fis rentrer dans ce monde que j’aurai préféré ne jamais connaître vu le change
A elle qui m’aida à grandir plus vite que prévu et accélérer ma descente dans ces obscures
A vous qui me firent réaliser toutes ces fois que le monde ne s’arrêtait pas à mes lèvres

Le temps nous aide à grandir – grandir plus vite pour encore mieux regretter de s’être prêté au jeu
Jeune écervelé, qui crois-tu être pour espérer commander au temps, commander aux sens
Sensibilité et émotivité, pourquoi n’êtes vous donc pas un doigt, un membre, ou toute autre partie de mon corps … physique
Que j’aurai pu m’arracher pour être sûr de ne plus y être lié. Je vous hais de m’aimer autant.
Tant de douleurs! Pourquoi donc? Dois-je m’en sentir plus heureux car plus humain et moins machine?
Machinations et mensonges! Voilà ce que tout ceci est réellement. Je vous hais de m’aimer autant.
Authentique, je me livre à elles, je me livre à vous, je me livre à toi car malgré toute cette haine, j’aime.
Aimer savoir qu’à plusieurs lieues d’ici, tu me fais plus d’effet que ce froid glacial. J’aime!
Aimer savoir que tu espères autant que moi qu’aucune obédience ne puisse nous séparer. J’aime!
Aimer tout ce que ton innocence m’inspire et tout ce que ton ivresse sentimentale rompt en moi.
Moiteur du temps, froideur de l’homme, horreur de la nature, épreuves de la vie… pensiez-vous en finir avec moi si vite?

A vous qui m’avez aidé à croire en d’autres couleurs que mes précieuses obscures
A elle qui, tel un papillon, m’initia de ses battements d’ailes à cette étrange relation d’amitié inachevée
A toi, enfin, arrogante et perçante qui, telle une nymphe, m’inspire cette Ode.

 

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