Testament

Par : Tite le Mardi 16 février 2010   •  

C’est l’histoire d’un homme qui arrive au crépuscule d’une existence misérable et fière.

Il est assis, là, sur le banc gelé de ce parc qui n’a de parc que le nombre de personnes – point d’enfants – qui doivent prendre ce chemin pour raccourcir leurs distances.

Il est assis là, il regarde par ci et, surtout, par là.
On aurait presque dit qu’il attendait qu’un hasardeux samaritain vint le libérer de sa condition humaine.
En voyant toutes ces passantes, allant, il met la main sur une feuille, poussée par le vent jusqu’à lui.
Ne vous demandez pas d’où il sortira du crayon à papier par la suite, le récit lui en donnera.

Il est assis là, comme pour écrire l’histoire d’une si courte vie et laisser, enfin, un testament derrière lui.
Il roule ces quelques mots qui suivront, remis dans un ordre plus… lyrique.

« Merci à toutes ces femmes que je n’aurai pas connues.
Elles n’auront pas eu la chance de faire de moi un homme cocu.

Merci à toutes ces amantes, que j’ai connues par contre, et qui ont su être la mère de ces faux jumeaux que je n’ai jamais eus.
La vie fut d’une douce amertume, me rappelant que je ne respirais que pour mieux expirer et ce jusqu’à ce que le second l’emporte sur le premier.

Oh, et vous, et ainsi que toi, qui avez pendant toute ces années chuchoté en criant des calomnies dans mon dos!
Qu’en avez-vous donc récolté? Au final, à toutes, je pardonne!

Ce n’est pas que je vous haïssais, c’est juste que je n’arrivais pas à vous aimer.
A coups de silences assourdissants, j’ai su mater tous vos cris de … mégères.
Ha ha ha! J’en ris.

A l’usage de tout le noir courage dont vous êtes capables, vous avez failli à m’éloigner de la seule personne qui vous menaçait le plus: moi.
Ha ha ha! J’en pleure même.

Pourtant, chose étonnante, après avoir remporté toutes ces batailles, je vous sens me narguer, rire encore.
Vous êtes-vous déjà réincarnées en une nouvelle génération pour prendre la relève?
La guère que je vous livre est rude. Je sais que vous ne l’emporterez qu’en enfer.
Alors…
 »

Assis là, sur ce banc gelé, on retrouva cet homme, un fier sourire aux lèvres agrippant ce bout de papier chiffonné.
La vie semblait avoir eu le dernier mot sur lui.

 

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